הרב בחבוט לומד תורה

Question

On a proposé à mon fils un excellent chidoukh, mais, à notre grand regret, les frères de la jeune fille ne suivent pas vraiment la voie de leur famille. Faut-il éviter ce chidoukh pour cette raison ?

Réponse

le pays du questionneur: ברזיל

Le Maharcha écrit dans la Guemara de Baba Batra précitée que le fait que la plupart des fils ressemblent aux frères de leur mère n’est pas un phénomène mystique, mais relève de l’hérédité naturelle (« car les frères et sœurs nés d’un même ventre sont proches par leur nature, etc. »). Sur cette base, les A’haronim ont écrit (notamment le gaon Rav Elazar Mena’hem Man Chakh זצ »ל dans Mikhtavim ouMaamarim, t. VI, no 3659 ; le gaon Rav Ye’hezkel Levinstein זצ »ל ; le gaon Rav Yossef Chalom Elyachiv זצ »ל dans Achré haIch, Even haEzer, fin du chap. 6 ; le gaon Rav Aharon Leib Steinman זצ »ל dans Ayelet haCha’har sur la Torah, parachat Vaéra 6, 23 ; Maran le Richon leTsion, le gaon Rav Its’hak Yossef שליט »א dans Yalkout Yossef, Sova Sema’hot, nouv. éd., t. II, part. I, p. 23, et dans Yalkout Yossef, Kiboud Av vaEm, p. 456 ; Chout Mekor Nééman, t. III, no 1155, et son livre Yemé Mélèkh, p. 10 ; Chout Vehaya haOlam du gaon Rav Ben Tsion Seraga שליט »א, Even haEzer no 16 ; Boï Kalla Ravi’a, t. I, no 3, p. 45, au nom de Avné Nézer ; et d’autres), qu’il est vraisemblable que l’injonction de nos Sages d’examiner les frères, puisque la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère, concerne les bonnes middot. En effet, les middot, c’est-à-dire les dispositions de l’âme, se transmettent des parents aux enfants par hérédité, indépendamment du libre arbitre. En revanche, pour ce qui dépend du choix personnel — comme l’étude de la Torah, l’accomplissement des mitsvot, les conceptions religieuses et autres — le comportement des frères ne constitue aucun signe, ni pour le candidat ou la candidate au mariage, ni pour les enfants qui naîtront d’eux.

Voir également le livre Divré Yaakov Bender, parachat ‘Hayé Sarah, qui rapporte le récit suivant : « Rav Chakh lui répondit que, puisque les membres de la famille de la jeune fille possédaient de bonnes middot, il n’y avait absolument rien à craindre ; car toute l’intention de nos Sages lorsqu’ils ont dit qu’il faut examiner les frères de la jeune fille ne concerne que leurs middot. Le jeune homme transmit la réponse de Rav Chakh à sa mère. Celle-ci protesta : l’abandon du joug de la Torah par ce frère égaré prouve que ses middot sont corrompues ; autrement, comment pourrait-il causer une si grande peine à ses parents ? Le jeune homme retourna auprès de Rav Chakh et lui exposa l’argument de sa mère. Rav Chakh refusa toutefois de l’accepter. Certes, les actes de ce jeune homme causent à ses parents beaucoup de peine et de souffrance, mais cela ne prouve nullement que ses middot sont corrompues. Sans aucun doute, expliqua Rav Chakh, la cause de sa déchéance n’est pas une corruption des middot, mais la séduction du yétser hara et les grandes épreuves auxquelles est confrontée notre génération. Il est donc fort possible qu’il n’ait aucun défaut dans ses middot ; lui-même souffre peut-être dans son cœur de la peine que ses actes causent à ses parents, mais son yétser le domine et l’entraîne dans l’abîme. Par conséquent, puisque les racines de cette famille sont bonnes et qu’ils sont connus pour leurs bonnes middot, ne regarde pas les actes de ce frère et avance dans ce chidoukh. »

Les paroles de nos Sages dans Baba Batra 110a sont bien connues : « Rava a dit : celui qui épouse une femme doit examiner ses frères, comme il est dit : “Aharon prit Elichéva, fille d’Amminadav, sœur de Na’hchon.” Du fait qu’il est dit “fille d’Amminadav”, ne sais-je pas qu’elle est la sœur de Na’hchon ? Pourquoi donc dire “sœur de Na’hchon” ? De là, que celui qui épouse une femme doit examiner ses frères. Une baraïta enseigne : la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère. » Nous trouvons également que celui qui examine les frères — même s’il renonce pour cela à des avantages matériels — est considéré comme épousant une femme lechem Chamaïm. Rachi écrit ainsi dans Sota 12a, au sujet de Kalev ben Yefouné qui épousa Myriam : « Lechem Chamaïm : par exemple, celle-ci qui était malade, et qu’il épousa lechem Chamaïm, car il examina ses frères, Aharon et Moché, les vit tsaddikim, et la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère, comme il est dit dans Baba Batra, Yech No’halin. » Le Séfer ‘Hassidim, no 378, écrit : « Un homme qui peut épouser une femme dont les frères sont tsaddikim, et qui épouse une femme dont les frères sont réchaïm, sera jugé pour avoir causé que ses fils ressemblent aux frères de leur mère. » [Voir aussi ibid., nos 375, 564 et 996, ainsi que la suite de nos propos concernant le no 243.] Consultez également le responsum du Roch, klal 34, no 1 (tranché dans le Choul’han Aroukh, Yoré Déa 228, par. 43) : lorsqu’une sœur de la fiancée s’est convertie à une autre foi, on peut annuler les fiançailles, et l’on est exempt du serment et de la pénalité. Le ‘Hatam Sofer, Even haEzer no 113, écrit que le motif du Roch pourrait être que la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère, et que le Roch estime qu’il en est de même pour la sœur de la mère[1]. [Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’une halakha obligatoire, mais d’un bon conseil de nos Sages, comme l’ont écrit le Chout Maharâm Brisk, t. I, no 130, le Chout Imré David Horowitz no 38, le Chout Lehorot Nathan, t. XIV, no 124, et beaucoup d’autres. C’est pourquoi cette notion n’a pas été rapportée par le Rambam ni dans le Choul’han Aroukh. Il s’agit néanmoins d’un conseil important de nos Sages, pour le bien de notre labeur que sont nos enfants. Le Chlah haKadoch écrit, parachat Vaéra : « Nos Maîtres ont appris de là que celui qui épouse une femme doit examiner ses frères ; et quiconque s’écarte des paroles de nos Maîtres est comme s’il s’écartait de la vie. »]

Toutefois, en pratique, plusieurs distinctions ont été énoncées à ce sujet :

A. Distinction entre middot et dispositions, et ce qui dépend du libre arbitre

Le Maharcha écrit dans la Guemara précitée de Baba Batra que le fait que la plupart des fils ressemblent aux frères de leur mère n’est pas un phénomène mystique, mais relève de l’hérédité naturelle (« car les frères et sœurs nés d’un même ventre sont proches par leur nature, etc. »)[2]. Sur cette base, les A’haronim — le gaon Rav Elazar Mena’hem Man Chakh זצ »ל dans Mikhtavim ouMaamarim, t. VI, no 3659[3], le gaon Rav Ye’hezkel Levinstein זצ »ל, le gaon Rav Yossef Chalom Elyachiv זצ »ל dans Achré haIch, Even haEzer, fin du chap. 6, le gaon Rav Aharon Leib Steinman זצ »ל dans Ayelet haCha’har, parachat Vaéra 6, 23, Maran le Richon leTsion, le gaon Rav Its’hak Yossef שליט »א dans Yalkout Yossef, Sova Sema’hot, et Kiboud Av vaEm, le Chout Mekor Nééman, le Chout Vehaya haOlam, Boï Kalla Ravi’a au nom d’Avné Nézer, et d’autres — ont écrit que cette vérification concerne les bonnes middot. Les dispositions de l’âme se transmettent par hérédité sans rapport avec le libre arbitre ; mais les domaines relevant du choix de l’homme, comme l’étude de la Torah, l’accomplissement des mitsvot et les conceptions religieuses, ne peuvent être déduits du comportement des frères, ni pour le couple ni pour ses futurs enfants.

Toutefois, cette explication de la Guemara dépendrait d’une controverse parmi les premiers décisionnaires. Plusieurs grands maîtres — le Maharal, le Gaon de Vilna dans Even Chléma, et d’autres, conformément au sens simple du Midrach Beréchit Rabba, parachat 63, sur le verset « les enfants s’agitaient en son sein », ainsi qu’au verset « les méchants sont égarés dès le ventre » par opposition à « avant que Je te forme dans le ventre, Je te connaissais » — considèrent qu’il existe une inclination innée vers le bien ou le mal, tout en laissant à l’homme son libre arbitre par l’effort. Selon eux, la Guemara peut donc concerner une telle inclination. Le Maharcha lui-même écrit : « C’est pourquoi, dans la plupart des cas, la nature des frères de la mère incline au mal ou au bien. »

Cependant, le Rambam, dans les Huit Chapitres, début du chap. 8, semble enseigner qu’il n’existe pas d’inclination prédéterminée vers le bien ou le mal eux-mêmes, mais seulement vers certaines dispositions, telles que la lenteur ou la diligence, l’intelligence ou la sottise, et semblables. Voir aussi Nidda 16b. Selon cela, les propos de la Guemara sur l’examen des frères ne concernent que les dispositions. Ce principe se trouve déjà dans les Derachot haRan, deracha 5 : bien que Lavan, père de Ra’hel et Léa, fût idolâtre, Its’hak préféra s’allier à lui plutôt qu’aux filles de Canaan, car les Cananéennes étaient enracinées dans de mauvaises dispositions qui se transmettent à leur descendance, semblables à des maladies héréditaires ; tandis que l’idolâtrie de Lavan n’implique pas nécessairement que la nature de ses descendants le suivra. Ainsi aussi, le Séfer ‘Hassidim no 1015 explique qu’Avraham Avinou, bien qu’il eût converti de nombreux guèrim, ne voulut pas s’allier à eux mais à sa famille, bien que celle-ci fût idolâtre, car les femmes de sa famille étaient pudiques et pratiquaient la bonté, comme Rivka qui dit : « Je puiserai aussi pour tes chameaux. » Voir aussi le Méchekh ‘Hokhma, parachat Vayéra.

Néanmoins, le Ba’al haTourim, parachat ‘Hayé Sarah 24, 29, écrit : « Ceci fait allusion à ce qu’ont dit nos Sages : celui qui épouse une femme doit examiner ses frères ; puisque Lavan était le frère de Rivka, elle enfanta Essav le méchant, car la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère. » Le Maharcha, l’Or ha’Haïm haKadoch sur Beréchit 25, 20, et le Kli Yakar écrivent de même. Cela ne contredit pas nécessairement le principe précité : ils ont pu estimer que la dégradation de Lavan touchait également ses dispositions de l’âme. C’est aussi ce qu’écrit le Chout Birkat Yehouda, t. III, Even haEzer no 8.

Le Chout Imré David Horowitz no 38 s’interroge sur le point précis de cette ressemblance aux frères de la mère : vise-t-elle les caractéristiques matérielles, telles que la santé physique ou intellectuelle, à l’image de l’expression « avec toi, ceux qui te ressemblent » dans Avoda Zara 6a ; ou les caractéristiques spirituelles, comme la piété ou son contraire, à l’image de Sanhédrin 36b ? Il ne tranche pas. Toutefois, puisque Baba Batra déduit cette règle du verset « sœur de Na’hchon », dont la particularité essentielle était sa piété, il est nécessairement question de spiritualité, ou tout au moins de bonnes middot et dispositions de l’âme, proches de la spiritualité.

B. Ce qu’il faut examiner chez les frères de la mère

Une autre approche limite la définition de « qu’il examine ses frères ». Certains comprennent que l’exigence ne s’applique que lorsque les frères ont véritablement quitté la voie de la Torah, ainsi qu’il ressort du Meïri dans Baba Batra : « Il examinera ses frères plus que tous les autres, car la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère. Va apprendre d’Aharon, qui épousa la fille d’Amminadav, sœur de Na’hchon ; examine sa descendance : ils ne se sont jamais écartés de la voie. » Le Chout Batim Levadim, t. II, choresh 4, rapporte au nom de Maran Rav Aharon de Belz זצוק »ל זי »ע : « Il faut examiner si les frères observent le Chabbat et mettent les tefillin, rien de plus. »

C. Lorsque la mauvaise conduite des frères s’explique par des causes extérieures

Des indulgences ont également été formulées en tenant compte des raisons pour lesquelles les frères ne se conduisent pas correctement :

  • Certains disent que, même si les frères n’observent pas la Torah et les mitsvot, s’ils n’ont pas reçu initialement une éducation de Torah et de mitsvot — par exemple, si le reste de la famille est devenu ba’al techouva seulement plus tard — ils sont comparables à des enfants capturés parmi les non-Juifs, et leur conduite ne constitue pas une indication au regard de l’obligation d’examiner les frères. C’est l’avis de Karyéna deIgarta, t. I, nouv. éd., no 291, et du Chout Mekor Nééman. De même, le livre Né’imot ha’Haïm, p. 111, rapporte au nom de Rav Aharon de Belz que si un frère a quitté la voie à cause de la Seconde Guerre mondiale, son comportement ne constitue pas un signe, car il n’agit pas ainsi par méchanceté, mais à cause d’un facteur extérieur.
  • Certains disent que, même s’ils ont reçu une éducation de Torah et de mitsvot puis ont quitté la voie, il n’y a pas lieu d’être rigoureux. Les paroles de nos Sages concernent une époque et un lieu où tout l’environnement était craignant Hachem, et où la dégradation d’un frère révélait une racine mauvaise dans la famille, comme à la génération de Moché Rabbénou, dont l’enseignement est tiré de Na’hchon ben Amminadav. Mais à notre époque, où la rue est remplie de journaux interdits et d’influences dégradantes, et où le père ne peut contrôler les fréquentations et l’éducation de son fils, la déchéance d’un frère ne prouve pas un défaut familial. Si la jeune fille est digne et bonne, on peut avancer dans ce chidoukh. Tel est le propos de Or’hot Rabbénou, première éd., t. I, p. 261, et du Chout Vehaya haOlam. Cela est d’autant plus vrai à notre époque des smartphones et semblables : il suffit d’un camarade de yéchiva insuffisamment vigilant pour exposer tous ses camarades innocents aux profondeurs du mal, à D.ieu ne plaise.

D. Lorsqu’une partie des frères est convenable

Si la jeune fille a d’autres frères qui sont droits, il est vraisemblable que nos Sages n’ont pas demandé de se méfier dans un tel cas : pourquoi supposer que les enfants suivraient דווקא le frère dévoyé ? Karyéna deIgarta l’écrit ainsi. Même un seul frère bon suffit à cet égard, comme le rapporte Ma’assé Ich, t. III, p. 236, et comme l’écrit le Chout Batim Levadim d’après le Maharcha. Le Birkat Avraham Erlanger sur Baba Batra s’interroge toutefois sur la nécessité de tous les frères ou de la majorité.

Le Chout Imré David Horowitz no 38 considère qu’il s’agit d’une question de proportions : le père influence pour moitié la nature de ses enfants, et l’ensemble des frères de la mère pour l’autre moitié. Si le père est bon et que la mère a deux frères, l’un sage et l’autre méchant, les enfants auront une majorité d’inclination vers le bien : trois quarts de bien contre un quart de mal. Il n’y a donc pas lieu de craindre. Selon son approche également, un seul frère bon suffit, car il s’associe à la moitié favorable provenant du père.

E. L’usage de ne pas examiner les frères

Karyéna deIgarta ajoute une autre indulgence : puisque beaucoup de personnes ont pris l’habitude de ne pas s’en préoccuper lorsqu’un chidoukh est en lui-même très convenable, s’applique le principe de Chabbat 129b : « Puisque beaucoup l’ont pratiqué, Hachem protège les simples. » Le Teroumat haDéchen no 211 applique même ce principe au statut de katlanit.

À titre d’indice du fait qu’aujourd’hui on n’est pas si rigoureux sur ces points, le Chout haBa’h haYachanot no 8 écrit que, bien que le Roch ait admis l’annulation de fiançailles lorsqu’une sœur de la fiancée avait changé de religion, car on présume que l’engagement n’avait pas été pris dans cette intention, les réalités avaient changé à son époque : des personnes importantes et convenables ne refusent pas de s’allier à quelqu’un qui a dans sa famille un apostat ou un proche transgresseur, dès lors que le candidat lui-même est important et droit. Il cite notamment Rabbi Yo’hanan ben Zakaï, dont le neveu Abba Sikkara était un violent versant le sang à Jérusalem, et Rabbi Yossi ben Yoézer, dont le neveu Yakim Ich Tsereda montait à cheval le Chabbat. Le Ba’h précise toutefois que ceci ne traite pas du conseil de nos Sages d’examiner les frères.

F. Raisons de considérer l’examen de la jeune fille elle-même comme prépondérant

Plusieurs auteurs contemporains rapportent au nom du ‘Hida, dans Péta’h Einaïm sur Baba Batra 110a, que la Guemara demande d’examiner les frères seulement lorsqu’on ne peut examiner la jeune fille elle-même, en raison de « toute la dignité de la fille du roi est à l’intérieur ». Mais si l’on a vérifié qu’elle est digne, il n’y aurait pas de crainte. Cependant, le ‘Hida ajoute précisément que la Guemara rapporte aussitôt la baraïta selon laquelle la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère, afin d’indiquer qu’il s’agit de la raison pour laquelle on vérifie les frères, et non d’un moyen de savoir si la jeune fille est elle-même convenable.

Néanmoins, le livre Or’hot David, relatant les conduites de Rav David Matityahou de Biala זצ »ל, p. 125, écrit de sa propre initiative que, lorsqu’il est manifeste que la jeune fille est très convenable, cela indique qu’elle a de bonnes racines, et cette considération prévaut sur l’examen des frères. Les futurs enfants pourront alors être bons comme leur mère, car les racines familiales sont réellement bonnes.

Selon le Maharal, dans ‘Hidouché Aggadot sur Baba Batra, les fils proviennent de la femme mais, étant des hommes, ils ne ressemblent pas directement à leur mère qui est une femme ; ils ressemblent donc à ses frères, qui sont des hommes. Selon cette approche, les enfants devraient fondamentalement ressembler davantage à leur mère elle-même, mais les différences naturelles entre hommes et femmes empêchent cette comparaison. Ainsi, dans les domaines où il n’y a pas de différence entre hommes et femmes, comme la crainte du Ciel et l’observance des mitsvot, si la mère diffère de ses frères, on peut supposer que les fils lui ressembleront davantage qu’à eux. L’enseignement de nos Sages concernant les frères viserait alors les capacités d’étude de Torah, la force, le leadership et autres domaines que l’on ne peut déduire du comportement de la femme elle-même.

[Il faut toutefois examiner le cas de l’assiduité dans l’étude de la Torah : si les frères de la mère ne s’occupent pas de Torah, cela peut être préoccupant pour les fils, car ce point ne peut être vérifié chez la mère. À notre époque, où les jeunes filles étudient des matières exigeantes au Beth Yaakov, si elle est une élève qui investit beaucoup d’efforts dans ses études, même profanes, on peut peut-être en déduire qu’elle possède les dispositions nécessaires pour s’investir dans l’étude de la Torah chez ses fils. Cela n’est toutefois nullement certain, car l’étude de la Torah demande bien davantage et relève des forces de l’âme ; de plus, le yétser hara s’y oppose avec une force particulière.]

Né’imot ha’Haïm, p. 113, rapporte au nom du saint auteur du Chout Divré Yoël זלה »ה que les jeunes filles sont généralement plus réservées par nature et qu’il est difficile de pénétrer leur caractère profond. Nos Sages ont donc demandé d’examiner les frères afin d’y discerner les faiblesses et les défauts qu’il conviendra de vérifier chez elle. Mais si, après examen, elle s’avère digne, il ne faut pas s’abstenir de l’épouser à cause de ses frères. Selon cela, l’affirmation que les fils ressemblent aux frères de leur mère signifierait qu’ils ressemblent surtout à leur mère, et dans une moindre mesure à ses frères, lesquels servent d’indicateur lorsque le caractère de la mère demeure difficile à connaître.

Le dénominateur commun de ces dernières distinctions est que, si la jeune fille elle-même est manifestement très digne, il ne serait pas nécessaire d’examiner ses frères. Mais cela n’est pas certain : la Guemara apprend l’obligation d’examiner les frères d’Elichéva, qui faisait partie des justes de la génération de la connaissance, et Rachi écrit que Kalev ben Yefouné examina les frères de Myriam, alors même qu’elle était déjà prophétesse.

G. Lorsque le père de la jeune fille est un talmid ‘hakham

Le Séder Tannaïm veAmoraïm de Rabbénou Yehouda ben Rabbi Kalonymos, l’un des Richonim et maître du Rokéa’h, p. 12, écrit : « Il semble qu’un homme doive épouser la fille d’un talmid ‘hakham même si les frères de la mère sont des ignorants en Torah, plutôt que la fille d’un ignorant en Torah dont les frères de la mère sont des talmidé ‘hakhamim ; car tout suit l’essentiel. »

Il ressort apparemment de ses paroles que le commandement de vérifier les frères a une portée limitée : lorsqu’il existe en contrepartie l’avantage d’une fille de talmid ‘hakham, cet avantage prévaut. La Guemara Pessa’him 49a explique qu’il convient d’épouser la fille d’un talmid ‘hakham car « s’il meurt ou part en exil, il est assuré que ses fils seront des talmidé ‘hakhamim » : même s’il n’est plus là pour les élever, leur mère les enseignera et les habituera à étudier la Torah avec empressement, comme elle l’a vu dans la maison de son père. On peut ajouter que le fait que la mère soit fille d’un talmid ‘hakham et d’un tsaddik exerce également une influence bénéfique, comme le dit Baba Batra 109b : « Rabbi Elazar a dit : qu’un homme s’attache toujours aux bons ; car Moché, qui épousa la fille de Yitro, eut de lui Yehonatan, qui servit l’idolâtrie ; Aharon, qui épousa la fille d’Amminadav, eut de lui Pin’has. » Il ressort alors de Rabbénou Yehouda ben Rabbi Kalonymos que l’examen du père de la fiancée prévaut sur celui de ses frères.

On peut aussi expliquer, selon le Chout Sia’h Its’hak Weiss, t. I, ‘Hochen Michpat no 482, que la force de la Torah protège de l’influence d’un frère ayant quitté la voie. Il s’agit là-bas d’une jeune fille souhaitant épouser un talmid ‘hakham dont le frère est un méchant ; l’auteur estime qu’il n’y a pas lieu de craindre, car la force de la Torah du jeune homme prévaut sur l’influence de son frère. C’est ainsi qu’il explique le mot d’esprit attribué au gaon Rav Ephraïm Zalman Margaliyot, auteur du Chout Beth Ephraïm : interrogé sur un talmid ‘hakham dont le frère avait quitté la voie, il répondit : « Lechem chvo, ve’a’h lama ? » — regarde le fiancé lui-même, et pourquoi t’occuper de son frère ?[4] De même, lorsque le père de la jeune fille est un talmid ‘hakham, la force de sa Torah peut protéger les petits-enfants contre une influence négative des frères de leur mère.

Il est toutefois possible que Rabbénou Yehouda ben Rabbi Kalonymos suive l’avis du Meïri et de Rav Aharon de Belz : l’examen des frères consiste seulement à vérifier qu’ils observent le Chabbat et les mitsvot, même s’ils sont ignorants en Torah. Une fois cette exigence satisfaite, il discute du principe « qu’un homme s’attache toujours aux bons » : est-il préférable que le père de la jeune fille soit talmid ‘hakham, ou que ses frères le soient ? Il tranche en faveur du père.

Le Chout Tsion leNéfech ‘Haya Leïter no 38 comprend que la règle selon laquelle la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère ne s’applique pas lorsque le père de la mère est talmid ‘hakham. Le Chout Ya’alat ‘Hen, Even haEzer no 5, lettre hé, comprend également que le père talmid ‘hakham influence positivement les petits-enfants davantage que les frères de la jeune fille ne les influencent négativement. Né’imot ha’Haïm, p. 112, rapporte au nom de l’Admour auteur du Chout Divré Yoël que l’on ne doit examiner les frères que lorsque le père de la fiancée est déjà décédé et ne peut être examiné ; s’il vit et est digne, son examen prévaut sur celui des frères.

Rav Its’hak Goldwasser שליט »א, dans Tapou’hé Zahav sur Baba Batra, relève que les Tossafot, Baba Batra, indiquent que la famille paternelle exerce une influence plus forte que la famille maternelle. Il explique que les Tossafot entendent que les fils ressemblent aussi aux frères de la mère, mais pas plus qu’au père ; peut-être tous les fils ressemblent-ils au père, tandis que seule la majorité ressemble à la mère. Rav Mikhaël Chmouel Ravi’a שליט »א, dans Boï Kalla, t. I, no 3, p. 45, conclut d’après le Taz, Even haEzer 2, par. 3, qu’une proposition où le père de la jeune fille est talmid ‘hakham et les frères ignorants en Torah est préférable à une proposition où le père est ignorant en Torah et les frères talmidé ‘hakhamim.

Cependant, Biourim veHe’arot Knoblovitch sur Baba Batra déduit de Rachi dans Sota que Kalev épousa Myriam après avoir examiné ses frères Moché et Aharon, bien qu’elle fût fille d’Amram, le plus grand de sa génération. Il semblerait donc qu’il ne suffit pas qu’elle soit fille d’un grand de la génération ; il faut également examiner les frères. On peut toutefois distinguer entre les justes d’avant le don de la Torah et les talmidé ‘hakhamim d’après le don de la Torah, car la Torah du père de la mère protège désormais et sauve.

H. La crainte existe-t-elle lorsque la fiancée rejette la voie de ses frères ?

Le Birkat Avraham Erlanger sur Baba Batra conclut que même si la fiancée n’est plus en contact avec ses frères, de sorte qu’il n’y a pas à craindre une influence directe, la plupart des fils ressemblent néanmoins aux frères de leur mère, car il s’agit d’un phénomène mystique, comme il ressort des Tossafot dans Yevamot.

Le Yalkout Midrachim d’un manuscrit yéménite appelé Choël ouMéchi, parachat Vaéra, enseigne : « “Aharon prit Elichéva…” De là, ils ont dit que celui qui épouse une femme doit examiner ses frères, car la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère. Pourquoi ? Parce que la plupart des femmes aiment leurs frères et se réchauffent affectivement pour celui qui est gravé dans leur cœur ; l’enfant devient alors semblable au frère de sa mère, qui est aimé. » La Torah Chléma sur Chemot 6, 23 rapporte aussi cela d’un Midrach manuscrit, Yalkout Ma’ayan Ganim. Le Korban haEda sur le Talmud de Jérusalem, Kiddouchin, chap. 4, halakha 11, écrit : « Ils ressemblent aux frères de la mère, parce qu’elle les aime et que sa pensée est toujours tournée vers eux. »

Selon cette voie, on pourrait dire que si la fiancée rejette les mauvaises voies de ses frères, et à plus forte raison si elle n’est plus guère en contact avec eux depuis son mariage, il n’y a plus de crainte. Rabbénou Yo’hanan Loria, contemporain du Maharam Padoue, écrit dans Méchiv Néfech, parachat Toledot : le verset mentionne que Rivka était « sœur de Lavan l’Araméen » pour expliquer pourquoi elle n’enfanta pas aussitôt. Elle n’était pas naturellement stérile ; mais Hachem retint sa source parce qu’elle était la sœur de Lavan le méchant. Puisque l’attachement affectif d’une femme à son frère fait que les enfants ressemblent généralement aux frères de la mère — car la pensée agit au moment de l’union —, dans sa jeunesse elle ne comprenait pas encore que les actes de son frère étaient répugnants, ni ne détachait son cœur de son amour afin de ne pas enfanter des enfants semblables à lui. Plus tard, ils souffrirent et prièrent.

Il ressort de ses paroles que, lorsque la fiancée reconnaît que les actes de ses frères sont répugnants, il n’y a plus de crainte. Il mentionne néanmoins qu’elle doit ôter leur amour de son cœur ; cela semble surtout concerner des méchants absolus comme Lavan, particulièrement puisqu’il était étranger, tandis que dans une famille où un frère a quitté la voie, il convient au contraire de s’efforcer de l’aimer tout en souffrant de sa situation et en rejetant sa conduite. Voir à ce sujet Lekot Chochanim, t. VI, choresh 8, no 13, sur les paramètres de la mitsva de haïr les réchaïm.

Le Yafé Maré sur le Talmud de Jérusalem Kiddouchin explique de même, mais il semble viser seulement la ressemblance physique : « Ils ressemblent aux frères de la mère : peut-être parce que la femme les aime et pense toujours à eux ; lorsque son imagination se fixe sur eux au moment de l’union, l’enfant leur ressemble, car son image agit sur lui, comme l’écrivent les naturalistes. » Le ‘Hida rapporte aussi cela dans Kissé Ra’hamim sur Massékhet Sofrim 15, 10[5], ainsi que Na’halat Yaakov. Toutefois, puisque nos Sages tirent cette règle du verset « sœur de Na’hchon », il est clair que la discussion concerne également la spiritualité. Il est possible que le Yafé Maré n’ait expliqué ainsi que le Talmud de Jérusalem, tandis que le Talmud de Babylone et le Midrach Choël ouMéchi ne peuvent être interprétés ainsi.

En tout état de cause, outre les Tossafot dans Yevamot qui n’adoptent certainement pas cette explication, nous avons rapporté le Maharal, le Maharcha, l’Or ha’Haïm haKadoch et d’autres, qui expliquent chacun à sa manière que les fils ressemblent aux frères de la mère en raison de forces innées — hérédité génétique, hérédité spirituelle liée à la lignée, etc. — et non en raison de l’attachement affectif de la mère.

Preuves et objections concernant certaines distinctions précitées

Pour conclure, mentionnons que Massékhet Sema’hot, chap. 12, rapporte que le fils de Rabbi ‘Hanina ben Teradyon quitta la voie, et pourtant Rabbi Méïr épousa sa sœur. Il faut nécessairement distinguer les cas. Le Chout Imré David le remarque également, tout en proposant sa propre distinction ; mais on ne peut en déduire qu’une distinction existe, sans savoir laquelle. On peut cependant repousser la preuve : peut-être Rabbi Méïr l’épousa-t-il avant que son frère ne quittât la voie. Le Chout Tsion leNéfech ‘Haya no 38 le dit également. Il ajoute que Brouria était presque du rang des Tannaïm et qu’on ne peut apprendre d’elle ; mais cette réponse est discutable, puisque la Guemara apprend la règle d’Elichéva, l’une des justes de sa génération, et que Rachi indique que Kalev examina les frères de Myriam, qui était prophétesse. D’autres ont repoussé cette preuve de différentes manières ; voir Boï Kalla Ravi’a, t. I, no 3, et Chout Ya’alat ‘Hen, Even haEzer no 5, lettre hé.

À première vue, une grande partie des distinctions précitées semble contredite par Rachi, qui écrit que Kalev « examina ses frères, Aharon et Moché, et les vit tsaddikim » ; la qualité de tsaddik est certainement plus que de bonnes middot ou l’observance du Chabbat. Le langage du Rashbam dans Baba Batra suggère aussi que l’examen des frères implique une élévation spirituelle : « Il enseigna qu’il examina ses frères : puisqu’elle était la sœur de Na’hchon, prince de la tribu de Yehouda, c’est en raison de son importance qu’il l’épousa. » Le ‘Hokhmat Adam, Cha’ar Beth haNachim, klal 123, par. 10, écrit également : « Il examinera ses frères, pour savoir s’ils craignent Hachem, sont tsaddikim et étudient. »

On peut toutefois distinguer entre une qualité souhaitable a priori et une exigence après coup. Il existe assurément un avantage à épouser une femme dont les frères sont des talmidé ‘hakhamim et des tsaddikim éminents ; tous peuvent l’admettre. Mais il n’est pas nécessairement interdit ou déconseillé d’épouser une femme ayant des frères qui n’étudient pas beaucoup, s’ils ont de bonnes middot ou si l’une des distinctions précitées s’applique. Les distinctions apportées par les A’haronim visent à éviter qu’une personne renonce à un chidoukh réunissant toutes les qualités seulement parce que les frères ne suivent pas suffisamment la voie de la Torah ; elles ne nient pas l’avantage d’avoir des frères talmidé ‘hakhamim et tsaddikim.

Néanmoins, le Séfer ‘Hassidim no 243 laisse entendre que des frères versés en Torah et tsaddikim ne constituent pas seulement un avantage, mais une exigence : « De nos jours, nous voyons des personnes qui, selon la logique, auraient dû être des talmidé ‘hakhamim et des craignants du Ciel, car plus de trois de leurs ancêtres étaient des hommes de Torah et craignant le Ciel, et il est écrit : “Ils ne s’écarteront pas de ta bouche, ni de la bouche de ta descendance, ni de la bouche de la descendance de ta descendance, dès maintenant et à jamais.” Pourtant, la Torah cesse chez eux, parce que leur père épousa une femme dont les frères n’étaient pas des hommes de Torah et des tsaddikim. » Cette approche diverge de plusieurs distinctions précitées. La question fait donc l’objet d’une divergence d’opinions. Le Meïri, quant à lui, indique explicitement qu’il suffit, apparemment même comme qualité positive, que les frères ne se soient pas écartés de la voie de la Torah. Quoi qu’il en soit, puisque telle est explicitement l’opinion du Séfer ‘Hassidim, on ne doit pas dénigrer celui qui souhaite être rigoureux sur ce point ; il devra néanmoins peser les autres données, car chaque chidoukh comporte de nombreux facteurs, et lorsqu’une personne est déjà plus âgée, il n’est parfois pas juste de multiplier les exigences.

Enfin, pour ceux qui souhaitent s’appuyer sur les indulgences précitées, on peut procéder comme le rapporte le Sadé ‘Hémed, ma’arékhet Ichout, lettre dalet, au nom du Mahartsah de Dinov, auteur du Bné Yissaskhar : en cas de crainte de danger lors d’un mariage avec une veuve, on demandera à plusieurs grands d’Israël leur avis et leur bénédiction sur le chidoukh ; s’ils donnent leur bénédiction, il n’y a plus à craindre, grâce à cette bénédiction. Cela est également rapporté dans Or’hot ‘Haïm Kahana sur Ora’h ‘Haïm 339, lettre 11, dans les gloses du gaon Maharsham ; voir aussi Chout Zekhon Yehouda, t. II, no 195, et Chout Kané Bossèm, t. II, Yoré Déa no 46. Le Chout Sia’h Its’hak Weiss écrit de même, à propos d’une jeune fille à qui l’on propose un jeune homme dont le frère a quitté la voie, qu’il convient de demander la bénédiction de trois grands d’Israël pour ce chidoukh ; toute crainte sera alors écartée. De même, dans le cas d’un chidoukh proposé à un fils lorsque les frères de la jeune fille ne sont pas convenables, mais qu’il y a par ailleurs matière à l’indulgence selon les distinctions énoncées, qu’ils demandent la bénédiction de trois grands talmidé ‘hakhamim après leur avoir exposé la crainte ; de même que le tribunal d’en bas aura donné son accord, le tribunal d’en haut donnera son accord[6].

Puisse-t-il être la volonté d’Hachem que vous construisiez un édifice éternel et que vous méritiez des enfants tsaddikim, conformément à tous les bons souhaits de votre cœur.


Notes :

[1] Cela ne suit pas l’avis de Rav Yonatan Eybeschütz זצוק »ל dans Tiféret Yehonatan, parachat Vayétsé, qui écrit que les garçons suivent les femmes et les filles suivent les hommes, de sorte que la plupart des filles ressemblent aux sœurs du père. Voir l’explication du Maharal dans ‘Hidouché Aggadot sur Baba Batra. Rabbénou Be’hayé, parachat ‘Hayé Sarah 23, 3, semble suivre le Roch : en général, c’est la famille maternelle qui influence, aussi bien les fils que les filles. Il écrit : « Il doit avoir l’intention lechem Chamaïm et s’attacher à une famille convenable, car les enfants suivent naturellement les middot de la famille maternelle, de même que le vin prend le goût du récipient dans lequel il a reposé. » Voir aussi ‘Olélot Ephraïm, t. III, maamar 382, parachat Vaéra, le fascicule Vayaged Kats, imprimé à la fin de Choul’han haEzer, éd. 5749, et Ayelet haCha’har, parachat Vaéra 6, 23.

[2] Toutefois, les Tossafot dans Yevamot 62b, au début de « vehanossé et », semblent indiquer qu’il s’agit d’un phénomène mystique : « Rabbénou Tam dit que l’on a précisément mentionné la fille de sa sœur parce qu’elle relève de son mazal, comme nous disons : la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère. » Cela a aussi une incidence sur ce qu’écrit le Chout Igrot Moché, Even haEzer, t. IV, no 71 : il est préférable d’épouser une fille juive née d’une convertie, parce que la plupart des fils ressemblent aux frères de la mère. Si la question dépend du mazal, on pourrait dire que, pour une convertie qui est comme un enfant nouveau-né, le mazal a changé, comme certains A’haronim l’ont envisagé concernant une katlanit. Notre ami, le gaon Rav Yekoutiel Ohèv Tsion נר »ו, l’a déjà relevé dans le Chout Ya’alat ‘Hen, Even haEzer no 5, note.

[3] Voir aussi Divré Yaakov Bender, parachat ‘Hayé Sarah, qui rapporte le récit de Rav Chakh : puisque la famille de la jeune fille avait de bonnes middot, il ne fallait rien craindre du frère ayant abandonné le joug. Rav Chakh expliqua que la déchéance de ce frère pouvait provenir des séductions du yétser hara et des épreuves de la génération, sans indiquer une corruption de ses middot. Puisque les racines familiales étaient bonnes et que la famille était connue pour ses bonnes middot, il fallait avancer dans le chidoukh.

[4] Certains attribuent ce mot d’esprit au ‘Hidouché haRim, d’autres au Sfat Emet, à Rav Méïr de Premishlan, à Rav ‘Haïm de Tsanz ou au gaon Rav Eizel ‘Harif. Il n’y a pas nécessairement de contradiction : tous ont pu employer une expression semblable. Voir également ‘Hachouké ‘Hemed, Ta’anit 19a, qui rapporte au nom du gaon Rav ‘Haïm Kanievsky זצ »ל un récit selon lequel le Gaon de Vilna procéda à un « goral haGra » pour une jeune fille qui craignait d’épouser un jeune homme craignant Hachem dont le frère avait quitté la voie. Le verset obtenu fut « Léchem chevo vea’hlama » ; le Gaon l’interpréta ainsi : « Lechem chevo » — considère le bon nom du fiancé lui-même ; « vea’h lama » — pourquoi s’occuper de son frère ? Il précisa que nos Sages ont demandé d’examiner les frères de la fiancée, non ceux du fiancé.

[5] Le ‘Hida conclut là-bas : « Comme nos Sages ont dit : celui qui épouse une femme doit examiner d’abord l’enfant. » Cela requiert éclaircissement.

[6] Une abondante prière est efficace, particulièrement la bénédiction des sages d’Israël. Le livre Ta’amé haMinhagim, supplément, no 950, note 1, explique ainsi l’usage selon lequel, avant la ‘houppa, le Rav et les notables de la ville vont couvrir le visage de la kalla et récitent : « Notre sœur, deviens des milliers de myriades. » Pourquoi employer la bénédiction de Lavan l’Araméen ? Sa bénédiction était en réalité mauvaise : en disant « notre sœur », il voulait que, puisque la plupart des fils suivent les frères de la mère, les enfants lui ressemblent et se multiplient comme lui. Puisque beaucoup de personnes ne vérifient pas les frères, le Rav et les notables vont couvrir le visage de la kalla et lui disent « notre sœur », c’est-à-dire qu’elle est comme leur sœur : « deviens des milliers de myriades », afin que se multiplient en Israël des décisionnaires de halakha semblables à eux.

Cette réponse a été traduite automatiquement de l’hébreu et n’a pas encore été révisée par une personne. Elle peut donc contenir des inexactitudes et ne doit pas être considérée comme une référence définitive.

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