Question

Cher Rabbin, nous prions dans un minyan restreint. Devons-nous attendre à chaque fois d’avoir dix personnes pour commencer la ‘Amida à voix basse, ou bien une majorité du minyan, c’est-à-dire six personnes, suffit-elle ?

Il y a un débat entre les participants du minyan ; nous aimerions connaître l’avis de la Halakha à ce sujet.

Merci beaucoup.

Réponse

le pays du questionneur: צרפת

Chalom ouvra’ha

Cette question fait l’objet d’une divergence parmi les décisionnaires. Certains ont écrit qu’il est possible de commencer la prière à voix basse avec une majorité du minyan, c’est-à-dire six personnes, lorsque quatre autres personnes sont présentes, ayant déjà prié ou étant sur le point de commencer à prier. Tel est l’avis du Choul’han ‘Aroukh Harav, du ‘Emek Berakha et d’autres.

Toutefois, certains ont écrit qu’une prière n’est considérée comme une tefila bétsibour que si dix personnes n’ayant pas encore prié commencent ensemble la prière à voix basse. Tel est l’avis de la Michna Beroura, des Halikhot Chelomo, du responsum Yad Elyahou et d’autres.

En pratique, le responsum Ye’havé Da‘at écrit qu’il est permis de commencer à prier avec une majorité du minyan, et que cela est considéré comme une tefila bétsibour, ainsi qu’il ressort des propos du Rambam dans les Hilkhot Tefila.

Par conséquent, a priori, il convient de veiller à ce que dix personnes commencent ensemble la prière à voix basse, afin de se conformer à tous les avis. Toutefois, en cas de nécessité, il est possible de commencer la prière à voix basse avec une majorité du minyan, comme l’a écrit le responsum Ye’havé Da‘at : cela est également considéré comme une prière en minyan.

Avec mes bénédictions les plus sincères,

Rabbin David Ohayon

Sources et motifs :

Une parole de sainteté ne requiert pas moins de dix personnes

Il est enseigné dans la Michna, Meguila 23b : « On ne fait pas la perissa sur le Chema, on ne passe pas devant l’arche, on ne prononce pas la bénédiction sacerdotale, on ne lit pas dans la Torah et on ne lit pas la haftara dans les Prophètes… avec moins de dix personnes. »

La Guemara enseigne : « D’où savons-nous cela ? Rabbi ‘Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo’hanan : le verset dit : “Je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël” ; toute parole de sainteté ne requiert pas moins de dix personnes. Comment cela est-il impliqué ? Rabbi ‘Hiya a enseigné une guezerah chava : le terme “au milieu” apparaît ici : “Je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël”, et il apparaît là-bas : “Séparez-vous du milieu de cette assemblée”. Puis une autre guezerah chava relie “assemblée” à “assemblée”, car il est écrit là-bas : “Jusqu’à quand cette mauvaise assemblée ?” De même que là-bas il y en avait dix, ici aussi il en faut dix. » Fin de citation.

Ainsi le Choul’han ‘Aroukh a tranché la Halakha, Ora’h ‘Haïm, siman 69, סעיף 1, en ces termes :

Si des personnes ont prié chacune individuellement, sans avoir entendu ni Kaddich ni Kedoucha, l’une d’elles se lève et récite le Kaddich, Barekhou et la première bénédiction de Yotser Or, mais pas davantage. Cela est appelé « poress ‘al Chema », expression qui évoque une portion, car on n’en récite qu’une partie. Après avoir achevé la bénédiction de Yotser Or, il récite Avot, Guevourot, la Kedoucha et Ata Kadoch ; cela est appelé « passer devant l’arche ». On ne fait pas ces choses avec moins de dix personnes, car elles constituent des paroles de sainteté. Il faut rechercher six personnes qui ne les ont pas entendues, c’est-à-dire la majorité des dix. Si elles ne sont pas présentes, on les récite même pour une seule personne qui ne les a pas entendues. Même celui qui les a déjà entendues peut faire la perissa sur le Chema et passer devant l’arche pour celui qui ne les a pas entendues. Néanmoins, si celui qui ne les a pas entendues sait faire la perissa sur le Chema et passer devant l’arche, il est préférable qu’il le fasse lui-même plutôt qu’une autre personne, qui les a déjà entendues. Fin de citation.

Ces paroles du Choul’han ‘Aroukh semblent démontrer que, bien qu’une tefila bétsibour nécessite dix personnes, la présence de dix personnes est efficace, sans qu’il soit nécessaire que dix personnes prient alors même. En effet, le Choul’han ‘Aroukh écrit qu’il faut rechercher six personnes qui n’ont pas prié, sans exiger davantage.

On peut également le déduire des paroles du Maguen Avraham au même endroit, rapportées par la Michna Beroura, ibid., sé’if katan 8 :

Le Maguen Avraham écrit : il me semble toutefois que, s’il n’y a pas là six personnes qui n’ont pas prié, le chalia’h tsibour ne priera pas à voix basse, mais commencera immédiatement à voix haute ; car l’objectif essentiel de cette répétition n’est ici que la Kedoucha. Il récitera les trois premières bénédictions à voix haute et le reste à voix basse. Mais lorsqu’il y a une majorité du minyan, ils sont comme un tsibour complet.

Il ressort des propos du Maguen Avraham qu’une majorité du minyan équivaut à un tsibour complet à tous égards. Dès lors, dans le cas de notre question également, il serait permis de commencer la prière à voix basse avec six personnes, en présence de quatre autres qui ne sont pas encore arrivées à la ‘Amida et sont encore occupées par les bénédictions du Keriat Chema.

Distinction entre la règle relative aux paroles de sainteté et celle de la tefila bétsibour

Toutefois, cette conclusion n’est nullement contraignante, car il faut distinguer entre la question des paroles de sainteté, pour lesquelles la présence de dix personnes suffit, même si seule leur majorité n’a pas entendu le Kaddich ou la Kedoucha, et la question de la tefila bétsibour, qui ne sera considérée comme telle que si dix personnes commencent ensemble à prier.

En effet, dans la Guemara de Meguila, il n’est pas question de la règle de la tefila bétsibour, mais de personnes ayant déjà prié, comme le Choul’han ‘Aroukh l’indique explicitement : il s’agit de personnes qui ont prié individuellement et à qui il ne reste qu’à compléter le Kaddich, la Kedoucha, etc.

La preuve en est que le Choul’han ‘Aroukh écrit que l’on passe devant l’arche même pour une seule personne qui n’a pas entendu la Kedoucha. Pourrait-on imaginer qu’une telle situation soit considérée comme une tefila bétsibour alors qu’une seule personne prie à présent ? Il est donc certain qu’il n’est question que de la récitation d’une parole de sainteté.

On comprendra ainsi les paroles de la Michna Beroura, qui rapporte celles du ‘Hayé Adam et écrit, au siman 90, sé’if katan 28, au sujet de la tefila bétsibour :

L’essence même de la prière en communauté est la prière des dix-huit bénédictions : dix adultes doivent prier ensemble. Ce n’est pas comme le pensent les gens du commun, qui estiment que l’essentiel de la prière à dix consiste seulement à entendre le Kaddich, la Kedoucha et Barekhou, et ne veillent donc qu’à ce qu’il y ait dix personnes à la synagogue. C’est une erreur. L’homme a donc l’obligation de se hâter de venir à la synagogue, afin de parvenir à prier la ‘Amida en communauté.

À la lumière de ce qui précède, on comprend que, bien que pour réciter une parole de sainteté il ne soit pas nécessaire d’avoir dix personnes qui n’ont pas prié, puisqu’une majorité suffit et que, a posteriori, même une personne qui ne l’a pas entendue suffit, la règle de la tefila bétsibour exige néanmoins précisément dix personnes commençant ensemble la prière.

C’est également la conclusion halakhique du responsum Yad Elyahou, Ora’h ‘Haïm, siman 7. Il écrit que s’il y a six personnes n’ayant pas encore prié et quatre ayant déjà prié, lesquelles souhaitent se joindre au minyan, il est clair et incontestable que cela ne constitue pas une prière en communauté. Il faut précisément que les dix prient réellement ensemble ; c’est alors que la prière est considérée comme une tefila bétsibour. Mais si seule la majorité du minyan n’a pas prié, cette association n’est utile que pour réciter le Kaddich, la Kedoucha, Barekhou, etc.

Les paroles du Rambam semblent prouver qu’il existe une tefila bétsibour avec une majorité du minyan

Malgré cette distinction entre la règle des paroles de sainteté et celle de la tefila bétsibour, les décisionnaires ont écrit que les paroles du Rambam démontrent que, selon lui, la tefila bétsibour existe également avec une majorité du minyan, et qu’il n’est pas indispensable que dix personnes prient ensemble.

Le Rambam écrit en effet, chapitre 8 des Hilkhot Tefila ouNessiat Kapayim, halakha 1 :

La prière du tsibour est toujours entendue ; même s’il s’y trouve des fauteurs, le Saint, béni soit-Il, ne méprise pas la prière de la multitude. C’est pourquoi chacun doit s’associer au tsibour et ne pas prier seul tant qu’il peut prier avec le tsibour.

Et, dans la halakha 4, le Rambam écrit :

Comment se déroule la prière du tsibour ? Une personne prie à voix haute et tous écoutent. On ne fait cela qu’avec au moins dix adultes libres, le chalia’h tsibour étant l’un d’entre eux. Même si certains ont déjà prié et se sont acquittés de leur obligation, ils complètent le nombre de dix, à condition que la majorité des dix n’ait pas encore prié. De même, on ne récite la Kedoucha, on ne lit la Torah avec les bénédictions avant et après, et on ne lit la haftara dans les Prophètes, qu’en présence de dix personnes.

Il ressort des paroles du Rambam que, même pour la règle de la prière du tsibour, il suffit que certains aient déjà prié et que seule la majorité des dix prie à présent. On pourrait donc en déduire, dans notre cas également, que lorsque six personnes commencent ensemble la prière à voix basse, celle-ci est considérée comme une tefila bétsibour.

C’est également ce que le Maamar Mordekhaï, siman 69, sé’if katan 6, déduit des paroles du Rambam : dès lors qu’il y a une majorité du minyan qui n’a pas prié, et que l’on les complète jusqu’à dix, il s’agit à tous égards d’une prière du tsibour. On peut aussi le déduire des Hagahot Maïmoni (chapitre 8 des Hilkhot Tefila, lettre 7), qui rapporte au nom de Rabbénou Tam qu’il ne faut pas répéter une autre prière, à moins qu’il n’y ait dans le minyan six personnes qui n’ont pas encore prié, etc. Voir là-bas.

De même, le Choul’han ‘Aroukh Harav, siman 69, sé’if katan 5, écrit que, s’il y a une majorité du minyan qui n’a pas encore prié, ils sont comme un tsibour complet : ils prient à voix basse, puis le chalia’h tsibour répète la prière à voix haute, etc. Voir là-bas.

Toutefois, d’un autre côté, certains ont expliqué les paroles du Rambam de telle sorte qu’on ne puisse pas non plus en déduire qu’il existe une tefila bétsibour avec une majorité du minyan. Ainsi, le Gaon Rabbi Yits’hak Zev de Brisk, de mémoire bénie, explique qu’il y a deux règles distinctes : l’une est celle de « tefila bétsibour », et l’autre celle de « tefilat hatsibour ». La tefila bétsibour est la prière individuelle accomplie parmi le tsibour ; à cette fin, une majorité du minyan est efficace, et six personnes n’ayant pas prié suffisent. En revanche, tefilat hatsibour signifie que tout le tsibour prie précisément ensemble. Voir à ce sujet le responsum Techouvot Véhanhagot, tome 1, siman 102.

À mon humble avis, il semblerait possible de distinguer autrement. Le Rambam traite de la prière du tsibour telle qu’elle se pratiquait à son époque, comme il le précise : le chalia’h tsibour priait pour acquitter le tsibour qui ne connaissait pas la prière, et le tsibour écoutait et répondait Amen après lui. C’est pourquoi il écrit qu’une telle prière doit bien être considérée comme une tefilat hatsibour, puisque le chalia’h tsibour prie devant dix personnes et que toutes écoutent et répondent Amen après lui. Mais le Rambam ne traite pas de la prière à voix basse selon la pratique actuelle, où chacun récite la ‘Amida pour lui-même. À ce sujet, il semble, à mon humble avis, que même le Rambam reconnaîtrait qu’il n’est pas possible de considérer cela comme une tefila bétsibour si dix personnes ne commencent pas ensemble à prier. En effet, si, dans la prière à voix basse, seules six personnes commencent et que les quatre autres ne commencent pas avec elles, comment pourrait-on considérer cela comme une tefila bétsibour ? Un tsibour n’est pas composé de six personnes mais de dix, et les quatre autres ne prient manifestement pas avec elles.

Conclusion halakhique pour le cas de la question

En ce qui concerne la Halakha dans le cas qui nous occupe, comme nous l’avons indiqué, bien qu’il semble y avoir lieu de distinguer entre la règle des paroles de sainteté et celle de la tefila bétsibour, de nombreux décisionnaires ont déduit des paroles du Rambam que la règle est identique également pour la tefila bétsibour. Toutefois, beaucoup ont distingué et rejeté cette preuve, y compris celle tirée du Rambam. La question fait donc l’objet d’une divergence parmi les décisionnaires. Selon plusieurs d’entre eux, on ne doit pas commencer la ‘Amida à voix basse sans dix personnes qui commencent ensemble la prière. C’est ce qui a été rapporté au nom du Gaon Rabbi Yits’hak Zev de Brisk, et c’est également ce qu’écrit l’Igrot Moché, tome 1, Ora’h ‘Haïm, siman 30, qui demeure dans l’interrogation quant à l’explication des paroles du Rambam, puisque la Guemara prouve qu’il n’y a pas de tefila bétsibour sans dix personnes qui prient. Dans l’Igrot Moché, tome 1, Ora’h ‘Haïm, siman 28, il explique que le Rambam n’a autorisé de se contenter d’une majorité du minyan que pour la répétition du chalia’h tsibour, et non pour la prière à voix basse.

Toutefois, le responsum Ye’havé Da‘at, tome 5, siman 7, traite d’un cas semblable : peut-on prier lorsque la majorité du minyan n’a pas prié et que la minorité a déjà prié ? Il rapporte d’autres décisionnaires qui prouvent des paroles du Rambam qu’une majorité du minyan suffit, et il conteste à ce sujet les paroles de l’Igrot Moché. Il rapporte que telle est également la décision du responsum ‘Helkat Ya‘akov, tome 2, siman 138. Voir là-bas. C’est aussi la conclusion du Gaon Rabbi Aryeh Pomerantchik dans son ouvrage ‘Emek Berakha, Hilkhot Tefila, siman 6. Voir là-bas. Tel est également l’avis principal. Il conclut donc que les personnes priant dans un minyan où la majorité n’a pas encore prié, tandis qu’une minorité du minyan qui se joint à elles a déjà prié, leur prière est considérée comme une tefila bétsibour, car la majorité du minyan est considérée comme sa totalité.

Voir encore le responsum Techouvot Véhanhagot, tome 3, siman 33, qui établit de son propre chef une distinction entre le cas où la minorité qui complète le minyan est occupée à prier, par exemple lorsqu’elle se trouve dans les Pessouké Dezimra ou les bénédictions du Keriat Chema : dans un tel cas, cela est considéré comme une tefila bétsibour, car il y a dix personnes qui prient. Ainsi qu’il ressort du Tselah sur Berakhot 6a, même si certains disent Achré et Ouva Letsion tandis que lui prie, cela est appelé tefilat hatsibour et est mieux reçue, bien qu’il soit certainement préférable que dix personnes prient la ‘Amida. En revanche, lorsque la minorité qui complète le minyan ne prie pas du tout mais converse de sujets profanes, cela ne permet pas à la prière d’être reçue comme tefilat hatsibour, puisque les dix personnes ne sont pas occupées à prier ; elles ne se sont donc pas acquittées de l’obligation de la tefila bétsibour.

Par conséquent, en pratique, ceux qui souhaitent commencer la prière à voix basse lorsque six personnes n’ayant pas prié commencent ensemble la ‘Amida, et que quatre autres personnes ayant déjà prié sont présentes avec elles, en particulier si ces quatre personnes sont elles aussi occupées à prier, par exemple dans les bénédictions du Keriat Chema, etc., peuvent agir ainsi en cas de nécessité. Toutefois, a priori, il est préférable que dix personnes commencent ensemble, afin de se conformer à toutes les opinions. Voir encore à ce sujet le livre Piské Techouvot sur le siman 90, sé’if katan 12, qui arrive à la même conclusion.

Cette réponse a été traduite automatiquement de l’hébreu et n’a pas encore été révisée par une personne. Elle peut donc contenir des inexactitudes et ne doit pas être considérée comme une référence définitive.

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