הרב בחבוט לומד תורה

Question

J’ai vu que vous publiez des prières pour les donateurs sur les tombes des justes. Quel en est l’intérêt, puisque le Saint béni soit-Il entend la prière en tout lieu ?

Réponse

le pays du questionneur: ברזיל

Les prières sont davantage agréées lorsqu’elles sont prononcées à proximité du tombeau d’un Tsadik, car le lieu de repos du Tsadik est une terre sainte[1] (et de plus, la principale permanence de la Chekhina à notre époque se trouve dans les tombes des justes[2]), mais également parce que le mérite du Tsadik le soutient afin que sa prière soit agréée[3]. En outre, à l’endroit où se trouve la terre de sa sépulture, la force de l’accusateur qui entrave les prières est affaiblie[4].

Qui plus est, lorsqu’il prie en ce lieu, sa souffrance est connue du Tsadik[5] ; et puisque le Tsadik aime Israël et partage sa souffrance, le Saint béni soit-Il apporte la délivrance afin de dissiper la souffrance du Tsadik[6].

De plus, il est rapporté dans le Midrash que le Saint béni soit-Il, pour ainsi dire, consulte les âmes des justes au Gan Eden avant qu’un décret favorable ou moins favorable ne survienne dans le monde[7]. Dès lors, lorsqu’on prie le Saint béni soit-Il sur leurs tombes, les justes demandent eux aussi que la décision soit rendue avec miséricorde[8].

En outre, les tombes des justes sont propices à l’éveil du cœur, amenant l’homme à prier avec émotion et ferveur[9] ; par conséquent, la prière est davantage agréée[10].

Par le seul fait de parvenir près du tombeau du Tsadik, le Saint béni soit-Il lui accorde des bienfaits qu’il ne mérite pas (c’est-à-dire même s’il n’a pas prié pour ces bienfaits), grâce au mérite du Tsadik[11]. Ainsi trouvons-nous concernant ceux qui sortirent d’Égypte : ils eurent le mérite d’être nourris par la manne grâce au mérite des ossements de Yossef qui se trouvaient parmi eux[12]. Il en va de même lorsqu’on se prosterne sur le lieu où se trouvent les ossements des justes[13]. Et ce n’est pas tout : la seule présence de la tombe d’un Tsadik en un lieu apporte une bénédiction, y compris matérielle, à tous ceux qui l’entourent[14]. Nous trouvons également chez les Guedolei Israël qu’ils voyaient un mérite dans le seul fait de se rendre au lieu de sépulture d’un Tsadik, même sans y prier du tout[15].

Outre le fait que les prières sont davantage agréées près de la tombe du Tsadik, l’âme du Tsadik qui y est lui-même enterré prie également pour celui qui vient prier près de sa tombe[16]. Tous ceux qui sont enterrés dans le cimetière prient aussi pour lui[17]. Bien plus, le Saint béni soit-Il a décrété que les âmes des justes soient présentes sur leurs tombes précisément afin de permettre au peuple d’Israël de venir leur faire connaître sa souffrance, et que les justes prient ainsi pour lui[18].

Au sujet de l’importance de la prière des défunts pour les vivants, le saint Zohar dit que sans la prière des morts, les vivants ne subsisteraient pas même une demi-journée[19]. (Cela vaut même lorsqu’on ne se rend pas sur leur tombe, car selon l’approche du saint Zohar, les morts connaissent la souffrance des vivants[20]. Toutefois, lorsqu’on vient se prosterner sur leur tombe, leur connaissance de cette souffrance s’en trouve renforcée et ils prient avec une force accrue. Nous avons davantage développé ce sujet dans notre petit ouvrage manuscrit Chochanei Tsion.) Les âmes des justes en particulier s’emploient constamment à prier pour annuler les décrets pesant sur le peuple d’Israël[21].

Nos Sages ont déjà enseigné que celui qui a un malade dans sa maison doit demander à un Sage de prier pour lui[22]. À plus forte raison doit-il se rendre auprès des tombes des justes, car les justes sont plus grands après leur mort que de leur vivant[23]. Certains se sont interrogés à ce sujet : pour celui qui a besoin d’une délivrance, que vaut-il mieux faire : demander à un Tsadik encore vivant de prier pour lui, ou prier sur la tombe d’un Tsadik afin que l’âme du Tsadik prie pour lui[24] ? C’est pourquoi, tiens-toi à l’un et ne délaisse pas l’autre.

Et davantage encore : lorsqu’on prie sur la tombe du Tsadik — particulièrement si l’on revient dans une téchouva complète et prie en pleurant — l’âme du Tsadik se tourne vers nos saints Patriarches, qui reposent à Hévron, de mémoire bénie, et leur fait connaître la souffrance de la personne vivante qui se prosterne. Les Patriarches eux-mêmes prient alors pour elle, et tous les justes du Gan Eden se joignent à eux pour prier en sa faveur ; le Saint béni soit-Il lui fait miséricorde grâce à eux[25]. [Cependant, le sens du saint Zohar est que chacun ne peut pas nécessairement mériter que l’âme du Tsadik s’éveille à agir ainsi pour lui. D’autre part, d’autres passages du saint Zohar semblent indiquer que l’on peut mériter cela même sans se prosterner sur une tombe. Nous avons développé tous ces points dans notre modeste ouvrage « Chochanei Tsion » — encore manuscrit —, et ce n’est pas ici le lieu de nous étendre.] Parfois, l’âme du Tsadik peut aussi se tourner vers l’âme d’un autre Tsadik, outre les Patriarches[26].

Les prières sont davantage agréées lorsqu’elles sont prononcées à proximité du tombeau d’un Tsadik, car le lieu de repos du Tsadik est une terre sainte[1] (et de plus, la principale permanence de la Chekhina à notre époque se trouve dans les tombes des justes[2]), mais également parce que le mérite du Tsadik le soutient afin que sa prière soit agréée[3]. En outre, à l’endroit où se trouve la terre de sa sépulture, la force de l’accusateur qui entrave les prières est affaiblie[4].

Qui plus est, lorsqu’il prie en ce lieu, sa souffrance est connue du Tsadik[5] ; et puisque le Tsadik aime Israël et partage sa souffrance, le Saint béni soit-Il apporte la délivrance afin de dissiper la souffrance du Tsadik[6].

De plus, il est rapporté dans le Midrash que le Saint béni soit-Il, pour ainsi dire, consulte les âmes des justes au Gan Eden avant qu’un décret favorable ou moins favorable ne survienne dans le monde[7]. Dès lors, lorsqu’on prie le Saint béni soit-Il sur leurs tombes, les justes demandent eux aussi que la décision soit rendue avec miséricorde[8].

En outre, les tombes des justes sont propices à l’éveil du cœur, amenant l’homme à prier avec émotion et ferveur[9] ; par conséquent, la prière est davantage agréée[10].

Par le seul fait de parvenir près du tombeau du Tsadik, le Saint béni soit-Il lui accorde des bienfaits qu’il ne mérite pas, grâce au mérite du Tsadik[11]. Ainsi trouvons-nous concernant ceux qui sortirent d’Égypte : ils eurent le mérite d’être nourris par la manne grâce au mérite des ossements de Yossef qui se trouvaient parmi eux[12], et il en va de même lorsqu’on se prosterne sur le lieu où se trouvent les ossements des justes[13]. La seule présence de la tombe d’un Tsadik en un lieu apporte une bénédiction, même matérielle, à tous ceux qui l’entourent[14]. Les Guedolei Israël voyaient eux aussi un mérite dans le seul fait de se rendre au lieu de sépulture d’un Tsadik, même sans y prier[15].

Outre le fait que les prières sont davantage agréées près de la tombe du Tsadik, l’âme du Tsadik qui y est enterré prie également pour celui qui vient prier près de sa tombe[16]. Tous ceux qui sont enterrés dans le cimetière prient aussi pour lui[17]. Le Saint béni soit-Il a décrété que les âmes des justes soient présentes sur leurs tombes afin de permettre au peuple d’Israël de venir leur faire connaître sa souffrance, et que les justes prient ainsi pour lui[18].

Le saint Zohar dit que sans la prière des morts, les vivants ne subsisteraient pas même une demi-journée[19]. Selon le saint Zohar, les morts connaissent la souffrance des vivants[20] ; et lorsqu’on se prosterne sur leur tombe, ils prient avec une force accrue. Les âmes des justes s’emploient constamment à prier pour annuler les décrets pesant sur le peuple d’Israël[21].

Nos Sages ont enseigné que celui qui a un malade dans sa maison doit demander à un Sage de prier pour lui[22]. À plus forte raison doit-il se rendre auprès des tombes des justes, car les justes sont plus grands après leur mort que de leur vivant[23]. Celui qui a besoin d’une délivrance fera bien de demander à un Tsadik vivant de prier pour lui et de prier également sur la tombe d’un Tsadik, afin que l’âme de celui-ci prie pour lui[24].

Lorsqu’on prie sur la tombe du Tsadik, particulièrement en revenant dans une téchouva complète et en pleurant, l’âme du Tsadik se tourne vers nos saints Patriarches reposant à Hévron, de mémoire bénie, et leur fait connaître la souffrance de celui qui se prosterne. Les Patriarches et tous les justes du Gan Eden prient alors pour lui, et le Saint béni soit-Il lui fait miséricorde grâce à eux[25]. Parfois, l’âme du Tsadik se tourne également vers l’âme d’un autre Tsadik, outre les Patriarches[26].

Sources :

[1] Le Mahari »l, dans ses Minhaguim, Hilkhot Ta’anit, § 18, écrit : « Le Mahari Segal a dit : il existe plusieurs raisons, dans la Guemara, à l’usage de se rendre au cimetière les jours de jeûne : dire que, si Tu n’as pas pitié de nous en voyant l’affliction de notre jeûne, nous sommes comme morts, à D.ieu ne plaise. Il dit qu’une autre raison lui paraît être que le cimetière est le lieu de repos des justes ; il est donc un lieu saint et pur, et la prière est davantage agréée sur une terre sainte. » Fin de citation. Dans les Drachot haRan, il est écrit : « Car la prière en ce lieu sera plus favorablement accueillie, puisqu’y sont présents des corps sur lesquels l’influx divin a déjà reposé. » Fin de citation. Rabbi Yossef Albo, dans le Séfer haIkarim, ainsi que le Mabit, dans le Séfer Beit Elokim, écrivent dans le même sens ; nous avons développé cela ailleurs.

[2] Le Gaon de Vilna, dans les Tikounim, 22b, début du passage « Baderekh ». Un lieu où demeure la Chekhina est particulièrement propice à l’acceptation des prières, car le Saint béni soit-Il entend davantage ceux qui L’appellent lorsqu’Il est proche, comme l’explique le Raavia, I, traité Berakhot, chap. 90 ; cela est bien connu.

[3] Cela ressort de la conclusion du Mahari »l précité : « Celui qui se prosterne sur les tombes des justes et prie ne doit pas diriger son intention vers les morts qui y reposent, mais demander au Nom béni soit-Il de lui accorder miséricorde par le mérite des justes qui reposent dans la poussière, que leur âme soit liée au faisceau de la vie. » Fin de citation. [Il est vraisemblable que même sans demander au Saint béni soit-Il que le mérite du Tsadik lui soit utile, ce mérite aide quelque peu ; mais s’il le demande, il aide davantage. Nous avons développé cela dans notre petit ouvrage manuscrit Chochanei Tsion, et ce n’est pas ici le lieu de s’étendre.] Cela correspond à ce que nous trouvons dans Tehilim 16 : « Mon bien ne dépend pas de Toi ; il est pour les saints qui sont sur la terre, les nobles en qui réside tout mon désir. » Rachi y explique : « Les bienfaits que Tu m’accordes ne sont pas pour me récompenser, car ce n’est pas par ma justice que Tu me combles. “Pour les saints qui sont sur la terre” : en faveur des saints qui sont enterrés dans la terre et qui ont marché devant Toi avec vérité. “Les nobles en qui réside tout mon désir” : ce sont les puissants ; tous mes désirs et tous mes besoins sont accomplis pour eux. »

En vérité, si l’âme du Tsadik demeure liée à ce monde, c’est afin que son mérite protège les vivants, comme l’explique le saint Zohar, parachat A’harei Mot, 70b : « Les âmes des justes se trouvent dans ce monde afin de protéger les vivants ; cela est appelé néfech, et elle ne se retire pas de ce monde, mais y demeure pour observer, connaître et protéger la génération. » Il est donc compréhensible que, lorsqu’on prie près du lieu auquel l’âme du Tsadik est liée, son mérite aide à protéger et à secourir celui qui y prie.

Bien que cela soit évident, il convient de citer le Séfer Mekor ‘Haïm Pinto, dans son introduction : « Pourquoi Kalev dut-il aller se prosterner sur les tombes des Patriarches ? Il pouvait prier Hachem de le sauver du conseil des explorateurs. Mais parfois la force de la prière n’est pas aussi efficace que le fait de se prosterner sur les tombes des justes, qui éveille leur mérite. […] Car tout homme ne mérite pas que sa prière soit acceptée ; soit parce qu’il n’y est pas digne, soit même parce que celui dont les actes sont parfaits ne peut dire : “J’ai purifié mon cœur”, ni savoir si ses actes sont bons ou mauvais. Même Yaakov Avinou, de mémoire bénie, craignait que la faute n’entraînât une conséquence et dit : “Je suis trop petit devant toutes les bontés.” À plus forte raison nous autres, les petits, dont les actes sont mêlés de diverses motivations […]. Mais le Saint béni soit-Il nous a laissé un reste : la prière et la prosternation sur les tombes des justes […]. » Fin de citation.

Il faut ajouter que le fait même de se donner la peine de prier sur la tombe d’un Tsadik, au lieu de prier chez soi, montre que l’on reconnaît sa propre petitesse et que l’on n’est pas digne, par soi-même, que sa prière soit agréée. On demande donc par le mérite du Tsadik ; la prière est alors davantage accueillie du fait de l’humilité. En effet, les sentiments d’humilité et de soumission sont indispensables à l’acceptation des prières, comme il est dit : « Tu entends le désir des humbles, Hachem » (Tehilim 10). Ainsi est-il expliqué dans Sota 5a : « ‘Hizkiya a dit : la prière de l’homme n’est entendue que s’il rend son cœur semblable à de la chair. » Rachi explique : « Ceux qui sont chair viendront prier, car ils sont entendus devant Moi ; mais les orgueilleux ne viendront pas. » Rabbi Yehochoua ben Lévi dit également : « Viens voir combien les humbles sont grands devant le Saint béni soit-Il […] ; de plus, leur prière n’est pas méprisée, comme il est dit : “Un cœur brisé et contrit, ô D.ieu, Tu ne le méprises pas.” » Cela figure également dans Sanhédrin 43b et Bekhorot 44b, ainsi qu’en d’autres endroits.

Il convient encore d’ajouter que la Michna, Yoma 28a, rapporte que, pour offrir le sacrifice quotidien du matin, le préposé du Temple demandait si « toute la face de l’Orient était déjà éclairée jusqu’à Hévron ». Le Talmud de Jérusalem explique qu’on mentionnait Hévron afin d’éveiller le mérite des Patriarches. Ainsi, même mentionner le nom du lieu où des justes sont enterrés aide à éveiller leur mérite ; à plus forte raison, prier sur le lieu de leur sépulture éveille leur mérite afin que la prière soit agréée.

[4] Le Gaon Rabbi ‘Haviv ‘Haïm David Sétahoun, de mémoire bénie, explique dans son ouvrage Chémech ouMagen, 47b, que le Tsadik, ayant purifié la matière de son vivant, répare, lors de son retour à la poussière, la malédiction de la terre résultant de la faute d’Adam Harichon. La terre de son lieu de sépulture devient alors semblable à la terre du Gan Eden ; le serpent y est transformé en être béni et n’accuse plus. C’est pourquoi les prières sont davantage agréées sur les tombes des justes. Plus le Tsadik s’est purifié de son vivant, plus la terre de sa sépulture est purifiée et plus les prières y sont agréées. C’est pourquoi nos Sages disent que si l’on avait connu le lieu de sépulture de Moché Rabbénou, de mémoire bénie, et que l’on s’y était prosterné pour demander la délivrance, celle-ci serait venue immédiatement, avant son temps ; car Moché Rabbénou, l’homme de D.ieu, s’était plus purifié que tous les autres justes, notamment par les cent vingt jours passés au Sinaï et par sa séparation d’avec son épouse. C’est aussi pourquoi la prière sur la tombe de Ra’hel est tellement agréée : elle s’est considérablement purifiée en renonçant aux signes en faveur de Léa. Il explique ainsi pourquoi Kalev ben Yefouné devait parvenir à la Méarat haMakhpéla et ne pouvait se prosterner sur le cercueil de Yossef Hatsadik, qu’ils avaient emporté d’Égypte : c’est précisément l’ensevelissement dans la terre qui produit la réparation complète utile à l’acceptation des prières.

Dans une voie analogue, quoique différente dans son essence, le kabbaliste Rabbi Dov Kook, que sa mémoire soit bénie, de Tibériade, écrit dans Be’er ‘Hafarouha Sarim, p. 239, que le Tsadik a, de son vivant, déjà séparé de lui toute part de mal qu’il est possible de séparer dans ce monde. Par son ensevelissement dans la terre, il sépare la part de mal inhérente à la nature même de l’homme, qui ne peut être séparée dans ce monde. Le lieu de sépulture du Tsadik est donc un lieu où s’opère une pureté au-delà des limites de ce monde, et il est par conséquent propice à l’acceptation des prières.

[5] Comme nous l’avons développé ailleurs, dans notre petit ouvrage manuscrit Chochanei Tsion, à partir de plusieurs passages de nos Sages, particulièrement du saint Zohar. Le Gaon Rabbi Avraham Goutma’her, de mémoire bénie, écrit dans Soukat Chalom, règle 3, p. 45 : « C’est semblable à une bougie éteinte dont la fumée monte et touche une bougie allumée au-dessus : aussitôt, la flamme se prolonge du haut vers le bas et la mèche s’allume. Hachem a montré cela dans la nature afin que nous en comprenions quelque peu. À mon humble avis, la prière sur la tombe d’un Tsadik ou de ses proches est chose très grande : il existe un lien entre l’âme dans son lieu, au Gan Eden inférieur, et le corps qui est dans la tombe, même s’il ne reste que des ossements et de la poussière. Celui qui parle là parle aux oreilles de l’âme qui se trouve dans la demeure du Gan Eden terrestre. »

[6] Responsa Maharam Chik, Ora’h ‘Haïm, chap. 293, passage « Aval ma ». [Il y aurait apparemment lieu de s’interroger : selon cela, il conviendrait de ne pas se prosterner sur les tombes des justes, car pour notre délivrance particulière nous causerions de la peine au Tsadik. On peut toutefois dire que le Tsadik est heureux que, par sa peine, la délivrance vienne à celui qui se prosterne. De même, il est clair qu’un père préfère apprendre que son fils a été blessé, à D.ieu ne plaise, afin de pouvoir le conduire chez le médecin.]

Le maître du Maharam Chik, le Gaon ‘Hatam Sofer, explique de façon analogue dans ses responsa, I, chap. 166, les paroles du Maharal de Prague : pourquoi est-il permis de demander à un Talmid ‘Hakham, même de son vivant, de prier pour nous, plutôt que de s’adresser directement au Saint béni soit-Il ? Il écrit : « Tout Israël est associé et forme un seul corps et une seule âme. Lorsqu’un individu souffre, son compagnon le ressent et souffre avec lui. Celui qui prie pour son prochain doit se rendre lui-même malade pour lui, c’est-à-dire considérer qu’il est lui aussi malade. Puisque tous deux souffrent, il vaut mieux que la tête entre que le pied : par analogie, le Talmid ‘Hakham est la tête, tandis que celui qui souffre et est à présent soumis au jugement est le pied, quelque peu écarté. Il est préférable de faire entrer la tête, car ils sont tous deux concernés, et non comme un intermédiaire pour autrui. » Cela s’applique de même aux justes après leur disparition.

[7] Yalkout Chimoni, Chir haChirim, allusion 991 : « “Mon bien-aimé est descendu dans Son jardin” : chaque jour, le Saint béni soit-Il Se révèle aux justes du Gan Eden et les consulte : si c’est la saison de la rosée, Il fait descendre la rosée dans le monde ; si c’est la saison de la pluie, Il fait descendre les pluies dans le monde […] »

[8] Le Gaon ‘Hida, de mémoire bénie, dans son Mi ‘Ha’hessed sur le Yalkout Chimoni précité, 173a. [Il n’écrit pas explicitement qu’il faut « prier le Saint béni soit-Il », comme nous l’avons formulé dans le texte. Ses propos pourraient laisser entendre qu’il est permis de demander au Tsadik que, lorsque le Saint béni soit-Il le consultera, il exprime un avis favorable à la miséricorde. Il faut toutefois examiner si cela entre dans l’autorisation de demander aux justes de prier — selon les avis qui l’autorisent — ou si cela ressemble à celui qui rattache sa délivrance au Tsadik lui-même, ce qui est interdit selon tous les avis. Il ne faut pas être indulgent sans preuve.]

[9] Le saint Gaon Rabbi Moché Mena’hem de Kaliv, de mémoire bénie, écrit dans Kol Mena’hem sur la Torah, XV, p. 427 : « Nous constatons, lorsque nous nous rendons sur les tombes des justes — que leur mérite nous protège —, que l’on ressent sur leurs tombes un très grand éveil, et que les prières y sont prononcées avec une grande ferveur. » De fait, on voit bien plus fréquemment des personnes pleurer dans leur prière sur les tombes des justes qu’à la synagogue. Outre le motif spirituel, le fait même de se donner la peine de voyager vers le lieu de sépulture du Tsadik pour y prier, par appréciation de sa grandeur et par reconnaissance de l’intense sainteté qui repose en ce lieu, amène à prier avec une émotion accrue.

[10] Car « Hachem est proche de tous ceux qui L’invoquent avec vérité » et « Hachem est proche de ceux qui ont le cœur brisé ». Cela correspond à ce qu’écrivent les commentateurs au sujet des paroles de nos Sages dans Beréchit Rabba 59, selon lesquelles la prière du malade pour lui-même est grande. Voir également Responsa Igrot Moché, Yoré Déa I, chap. 223.

[11] Yefé Lév, chap. 581, § 7, au nom du Séfer haMidot, rubrique « Tsadik », § 173 ; et Beit El de Rabbi Avraham ‘Hamoui, de mémoire bénie, lois de la prière au cimetière, § 14.

[12] Magalé Amoukot, parachat Vayichla’h, cité dans le Séfer ‘Hayé Néfech mentionné ci-dessous.

[13] Séfer ‘Hayé Néfech Kénig, p. 54, d’après Likouté Halakhot, lois de la découpe du pain, §§ 36 et 47.

[14] Rachi rapporte, sur Beréchit 47, 19, d’après la Tossefta Sota, chap. 10, halakha 9 : « Bien que Yossef eût dit : “Il reste encore cinq années sans labour ni moisson”, dès que Yaakov arriva en Égypte, la bénédiction vint grâce à ses pas ; ils commencèrent à semer et la famine prit fin. » Le Gaon Rabbi Moché Alchikh écrit, sur Beréchit 50, 11, que cela ne se produisit pas seulement du vivant de Yaakov : « leur pays était béni grâce à son mérite » même après sa mort. C’est pourquoi il est dit : « un lourd deuil pour l’Égypte » à Goren haAtad : « plus le Tsadik s’éloigne d’eux, même après sa mort, plus leur deuil grandit ». Rabbi Chlomo Klouger écrit également, dans ‘Hokhmat haTorah, parachat ‘Hayé Sarah : « Le lieu où un Tsadik est enterré possède une grande élévation […] ; le lieu où le Tsadik est enterré est un lieu de sainteté et de bénédiction. Celui qui mérite que le Tsadik y soit enterré reçoit donc un bienfait. […] C’est pourquoi le Midrash dit qu’Éfron était insensé : s’il n’avait pas vendu la grotte, mais avait seulement donné un tombeau pour que Sarah soit enterrée dans son terrain, il aurait gagné davantage que l’argent qu’il reçut. Or, en vendant tout le champ, il perdit Sarah et perdit davantage qu’il ne reçut. »

Dans Beréchit Rabbati, parachat Vaye’hi, il est dit explicitement : « Au début, il était enterré dans un champ, et tout le champ était béni grâce à lui tant qu’il y reposait. Les autres le virent, le dérobèrent de là, l’emportèrent et l’enterrèrent dans leurs champs afin qu’ils soient bénis. La royauté l’apprit ; les sages de Pharaon dirent : l’Égypte ne boit que des eaux du Nil ; enterrez-le dans le Nil, et celui-ci sera béni grâce à son mérite. Ils fabriquèrent aussitôt un cercueil de métal et l’immergèrent dans le Nil, afin que la famine ne vienne pas sur eux. »

Dans le même contexte, le Gaon auteur de Tiferet Bné Toïsig, de mémoire bénie, témoigne à la p. 398 qu’il fut atteint d’une grave maladie, à D.ieu ne plaise. Lorsqu’il ouvrit la porte de l’ohel funéraire du « Beit Israël » de Gour, de mémoire bénie, pour entrer y prier, il fut guéri de sa maladie avant même d’avoir eu le temps de prier à ce sujet.

[15] Nous trouvons cela chez le Gaon ‘Hazon Ich, de mémoire bénie. Il estimait qu’il était interdit de réciter des chapitres de Tehilim et de formuler des demandes près des tombes ; néanmoins, il prit la peine de s’approcher des tombes de l’auteur du Beit Yossef et de l’Ari zal dans l’ancien cimetière de Tsfat, bien qu’il ne pût absolument pas y prier, puisque les environs étaient remplis de tombes et qu’il n’y avait pas quatre coudées sans tombe. Ainsi est-il rapporté dans Pe’er haDor, II, p. 130 : « Il [le ‘Hazon Ich] s’approcha de la tombe de Rabbi Yossef Karo, auteur du Beit Yossef et du Choul’han Aroukh, et s’y arrêta quelques instants. Il se dirigea ensuite vers la tombe voisine du saint Ari et y demeura encore quelques brefs moments. Il ôta ses lunettes, ferma les paupières, se concentra dans ses pensées, et son visage prit une expression de profonde réflexion ; mais pas une parole ne sortit de sa bouche. Seule une émotion particulière transparaissait entre ses cils, tandis qu’il marchait sur les traces des Sages de Tsfat. »

[16] Séfer ‘Hassidim, chap. 450 et 710. Il y est toutefois indiqué qu’il faut « demander » au défunt de prier pour nous ; nous avons traité ailleurs de ces détails. Le Tsadik Rabbi Yehouda Ze’ev Leibovitz, de mémoire bénie, écrivit en manuscrit, dans les marges de son exemplaire de Cha’ar Roua’h haKodech, p. 109, qu’il lui fut révélé dans une vision nocturne que les âmes des justes, « lorsqu’elles le veulent », prient pour ceux qui viennent se prosterner sur leur tombe. Il semble donc qu’elles ne prient pas nécessairement avec certitude et qu’il faut éveiller leur volonté à cela.

[17] Cela semble ressortir de Ta’anit 16a : « Pourquoi sort-on au cimetière ? Rabbi Lévi bar ‘Hama et Rabbi ‘Hanina divergent. L’un dit : nous sommes considérés devant Toi comme des morts ; et l’autre dit : afin que les morts demandent miséricorde pour nous. » Il semble donc que même sans prosternation, ils prient pour lui.

[18] Kav haYachar, chap. 71. Il semble qu’il ait appris cela du saint Zohar, parachat A’harei Mot, 70b, dont nous avons cité le texte plus haut.

[19] Saint Zohar, parachat Chemot, 16a-b. Il y est rapporté que Rabbi Yehouda s’allongea sur un tertre de terre, qui s’avéra être une tombe. La voix du mort en sortit et parla avec lui. Au cours de leur entretien, Rabbi Yehouda demanda au mort : « Savez-vous la souffrance des vivants ? » Il répondit : « Maîtres des tombes, sans notre demande en faveur des vivants, ceux-ci ne subsisteraient pas une demi-journée [autre version : dans le monde]. » (L’expression « maîtres des tombes » reçoit plusieurs explications, sans incidence ici.)

[20] Ibid., dans le Zohar sur Chemot. Voir également le saint Zohar, parachat A’harei Mot, 70a et particulièrement 70b, où les compagnons disent que les morts savent la souffrance du monde, même lorsque les vivants ne viennent pas les en informer. Il y est expliqué que les morts connaissent la souffrance des vivants grâce au néfech des justes qui demeure attaché à leur tombe dans ce monde, et qui la fait connaître aux roua’hot et aux nechamot. Bien que le saint Zohar, parachat Vaye’hi, 225a, établisse des distinctions en ce domaine, on peut dire qu’il parle des néfachot ordinaires et non de celles des justes.

Certes, dans le Talmud de Babylone, Berakhot 18b, on s’interroge pour savoir si les morts connaissent la souffrance des vivants, tout au moins lorsqu’ils ne sont pas les descendants du défunt ; Berakhot 19a indique que ce doute existe même au sujet des saints Patriarches. Selon les Tossafot, Sota 34b, début « Avotaï », la conclusion de Berakhot est que les morts ne connaissent pas du tout la souffrance des vivants, même les Patriarches, à moins que les vivants ne viennent sur leur tombe pour les en informer. Le Maharsha, Ta’anit 23b, écrit que le passage de Ta’anit tranche que les morts connaissent la souffrance des vivants même lorsqu’ils ne sont pas leurs descendants. Le Mabit, dans ses responsa III, chap. 67, écrit simplement : « Les justes souffrent dans leur tombe de la souffrance de leurs enfants » — la discussion concernait un fils et un petit-fils — et en tire une conséquence halakhique. Il faut approfondir l’ensemble de ces sources.

[21] Voir le saint Zohar précité, parachat A’harei Mot. Le Gaon et ‘Hassid parmi les Cohanim, Rabbi Eliyahou haCohen, de mémoire bénie, auteur du Chévet Moussar, développe longuement ce sujet dans Igeret Eliyahou sur le Talmud de Jérusalem, Chevi’it 4, 5, II, p. 223. Il explique ainsi Berakhot 64a : « Les Talmidé ‘Hakhamim n’ont de repos ni dans ce monde ni dans le monde à venir, comme il est dit : “Ils iront de force en force.” » Il écrit : « Il apparaît des paroles de nos Maîtres que les justes du Gan Eden souffrent de la souffrance des vivants. Le Zohar dit aussi que, sans la prière des morts pour les vivants, les vivants ne pourraient subsister. Lors de la destruction, quelle souffrance atteignit les Patriarches dans le monde à venir, jusqu’à ce qu’Avraham Avinou vînt voir la destruction du Temple opérée par les nations et demandât au Saint béni soit-Il : “Où sont Mes enfants ?” […] Lorsqu’une accusation, à D.ieu ne plaise, s’élève contre Israël, tous les justes du Gan Eden s’éveillent aussitôt, souffrent et montent demander miséricorde pour eux devant le Saint béni soit-Il. Ainsi, de même que les justes n’ont pas de repos dans ce monde, souffrant constamment par les épreuves pour porter la faute de leur génération, ils n’ont pas davantage de repos dans le monde à venir, car ils souffrent continuellement de la souffrance d’Israël ici-bas. “Ils iront de force en force” signifie qu’ils vont de yéchiva céleste en yéchiva céleste dans chaque firmament, afin de les éveiller à demander pour la souffrance d’Israël. »

Le Gaon ‘Hida écrit dans La’Haïm biYrouchalayim : « Notre maître Agadot Eliyahou a expliqué, parmi les interprétations de l’absence de repos, qu’il s’agit de la souffrance des vivants, pour lesquels les justes demandent miséricorde ; ses paroles sont agréables. Une fois, j’ai envoyé ce livre Agadat Eliyahou afin qu’on le lise sur la tombe d’un Tsadik — c’est-à-dire sur la tombe de Rabbi Eliyahou haCohen —, ces propos qu’il avait écrits dans son livre, et l’on montra du Ciel une chose merveilleuse ; rendez grâce à Hachem car Il est bon. »

[22] Baba Batra 116a : « Rabbi Pin’has bar ‘Hama enseigna : quiconque a un malade dans sa maison doit aller auprès d’un Sage et lui demander de solliciter pour lui la miséricorde, comme il est dit : “La colère du roi est des messagers de mort, mais un homme sage l’apaisera.” » De même, Ta’anit 8a : « S’il a prié à voix basse et n’a pas été exaucé, quel est son remède ? Qu’il aille chez le ‘Hassid de sa génération et multiplie la prière à son sujet. »

[23] ‘Houlin 7b.

[24] Voir les paroles du Gaon Rabbi Aharon Leib Steinman, de mémoire bénie, dans Ayelet haCha’har sur la Torah, parachat Vaye’hi, sur le verset « Je l’enterrerai là » : « Il faut examiner si la prière d’un Tsadik de son vivant exerce davantage d’influence qu’après sa mort. »

[25] Zohar, parachat A’harei Mot, 70b : « Lorsque le monde a besoin de miséricorde et que les vivants vont faire connaître leur situation aux âmes des justes, ici, sur leurs tombes, où elles sont présentes afin qu’on les en informe […], les âmes des justes s’éveillent, se rassemblent et vont auprès de ceux qui reposent à Hévron. Elles leur font connaître la souffrance du monde ; tous entrent à la porte du Gan Eden et l’annoncent au roua’h. Ces roua’hot, couronnés au Gan Eden par les anges célestes, vont parmi eux et tous en informent la nechama. La nechama informe le Saint béni soit-Il ; tous demandent miséricorde pour les vivants, et le Saint béni soit-Il prend le monde en pitié grâce à eux. C’est à ce sujet que Chlomo a dit : “Et je louai les morts qui sont déjà morts…” »

Dans le Zohar, parachat Chemot, 16a, au sujet de l’exil d’Égypte — après que le peuple d’Israël en Égypte se fut prosterné sur les cercueils des tribus, fils de Yaakov Avinou, pour prier au sujet de la dureté de l’asservissement — il est dit : « Rabbi Elazar ben ‘Arakh enseigna : lorsque Israël partit en exil, toutes les âmes des tribus se rassemblèrent à la Méarat haMakhpéla et s’écrièrent : “Grand-père, grand-père” — c’est-à-dire Yaakov Avinou — “un père peut-il supporter l’usure de ce monde ? Tes enfants sont tous asservis avec dureté à un autre peuple, qui exerce sur eux les vengeances du monde.” À ce moment, le roua’h de ce vieillard s’éveilla, demanda l’autorisation et descendit. Le Saint béni soit-Il appela tous Ses chars, Ses camps et leurs rois à leur tête, et tous descendirent avec Yaakov et ses tribus […] »

[26] Ainsi trouvons-nous dans le Zohar ‘Hadach, Méguilat Ruth, 38b : lorsque la femme d’Ovadia le prophète pria sur la tombe de son époux, l’âme d’Ovadia se tourna d’abord vers l’âme du roi ‘Hizkiyah [certains corrigent et lisent « Eliyahou » à la place de « ‘Hizkiyah », car ‘Hizkiyah n’était pas encore né à l’époque d’Ovadia], puis seulement vers les saints Patriarches.

Voir également Rabbi Yehoshoua Moché, de mémoire bénie, Av Beit Din de Bagdad, dans son ouvrage Kets haYamin, p. 50. Au mois de Kislev 5675, une inondation eut lieu à Bagdad. Il se rendit alors avec le grand kabbaliste Rabbi Yehouda Fatiyah, de mémoire bénie, prier sur la tombe de Rav Yits’hak Gaon ; les eaux se calmèrent. À la fin de la prière, « le Rav [Rabbi Yehouda Fatiyah] nous révéla que le Gaon s’était éveillé de sa tombe, était allé auprès de son maître, l’avait éveillé, et qu’ils étaient tous deux allés demander miséricorde pour Israël ». Fin de citation.

Cette réponse a été traduite automatiquement de l’hébreu et n’a pas encore été révisée par une personne. Elle peut donc contenir des inexactitudes et ne doit pas être considérée comme une référence définitive.

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