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Faut-il préférer mettre les téfilines de Rachi et de Rabbénou Tam l’une après l’autre ?
Voir à ce sujet longuement dans le responsum Yabia Omer, tome I, Ora’h ‘Haïm, siman 3, où il examine en détail les décisionnaires sur cette question et conclut qu’il aurait effectivement été préférable de mettre les deux téfilines simultanément. En réalité, si l’on possède des téfilines de Rachi et de Rabbénou Tam suffisamment petites, de sorte qu’elles ne bougent pas de leur emplacement, il est préférable de les mettre ensemble, conformément à l’avis de Maran, dont nous suivons les décisions. Toutefois, en pratique, il convient de préférer mettre les téfilines de Rachi et de Rabbénou Tam l’une après l’autre, afin qu’elles ne se déplacent pas de leur emplacement ; sans cela, on risquerait de perdre l’essentiel de la mitsva des téfilines. Bien que le gaon Ben Ich ‘Haï, dans la paracha ‘Hayé Sarah, lettre 6, ait écrit que si les téfilines sont quelque peu grandes et dépassent la moitié de la partie inférieure du bras, il faut, en cas de nécessité, s’appuyer sur l’avis du Gaon de Vilna, selon lequel toute la chair du biceps convient à la pose des téfilines. Voir là-bas. Dans Yabia Omer, il s’étonne de ses propos : comment peut-on délaisser les décisionnaires que nous suivons pour s’appuyer sur une opinion isolée et réciter des bénédictions, alors qu’il faut craindre qu’il s’agisse d’une bénédiction vaine et que l’on soit considéré comme celui qui ne met pas les téfilines, tout cela afin de mettre les deux paires en même temps ? Car même les kabbalistes n’ont pas contesté l’avis des décisionnaires quant à la mesure de l’emplacement où elles doivent être posées. Je joins à cela la lettre du premier grand rabbin de Sion, le grand gaon Rav Yits’hak Yossef, que Dieu le préserve, datée du 20 Elloul 5780, où il répondit à cette question en ces termes : les grands sages savaient précisément viser le bon emplacement, y compris pour les téfilines du bras ; mais tous les laïcs ne savent pas le viser avec précision. En particulier pour les téfilines du bras, j’ai vu même chez des étudiants avancés en Torah que les téfilines descendent et ne sont pas placées à l’endroit requis a priori. Il ne faut pas objecter de la pratique de notre maître le Ari zal et de ses semblables pour justifier les laïcs qui souhaitent agir ainsi. Il est connu de tous qu’en raison de plusieurs craintes d’annulation de la mitsva des téfilines, l’avis de Maran, mon père et maître, est d’enseigner au public de mettre les téfilines de Rabbénou Tam séparément de celles de Rachi ; il n’est pas indispensable de les mettre ensemble. Car, bien qu’il y ait de la place sur la tête pour mettre les deux, il arrive que les téfilines ne soient pas petites et qu’on les pose hors de leur emplacement. Il faut surtout attirer l’attention sur les téfilines du bras : lorsqu’on les met ensemble, il arrive souvent que l’une des deux paires ne se trouve pas au bon endroit. On annule alors la mitsva des téfilines pour l’une des deux paires. Quel avantage y a-t-il donc à les mettre ensemble si, de ce fait, les téfilines du bras bougent de leur emplacement et ne se trouvent pas à l’endroit où elles doivent être posées selon la loi ? Nous avons déjà longuement développé ce sujet dans le livre Yalkout Yossef, Lois des téfilines (siman 34, סעיף 2) : bien qu’a priori il aurait été approprié de mettre simultanément les deux paires de téfilines, de Rachi et de Rabbénou Tam, afin que la bénédiction « lehania’h téfilines » s’applique aux deux ensemble, et également afin de réciter avec elles le Chéma et de prier avec elles comme il se doit — ce qui constitue une acceptation complète de la souveraineté divine —, car il y a de la place sur la tête pour deux téfilines, tout cela ne vaut que lorsque les téfilines sont très petites. La dimension de chaque téfiline, avec la titoura et la maabarta, ne doit pas dépasser deux largeurs de doigt, soit quatre centimètres ; ensemble, les téfilines de Rachi et de Rabbénou Tam ne doivent pas dépasser huit centimètres. Ainsi, les deux téfilines seront entièrement posées sur le biceps du bras, dans sa moitié orientée vers la main. Car si même une toute petite partie des téfilines est posée sur la moitié supérieure orientée vers l’épaule, la bénédiction récitée sur les téfilines est vaine et l’on ne s’est pas acquitté de l’obligation des téfilines de Rachi, car cet endroit n’est nullement valable pour la pose des téfilines ; le bénéfice est alors perdu par le dommage. C’est pourquoi, puisqu’il est très difficile de trouver des téfilines cachères aussi petites, qu’il soit possible de mettre ensemble à l’emplacement valable sans la moindre réserve, il faut les mettre l’une après l’autre : on mettra les téfilines de Rachi, on récitera la bénédiction avant de les mettre, on récitera avec elles le Chéma et on priera ; après la prière, on mettra les téfilines de Rabbénou Tam sans bénédiction, puis on récitera avec elles le passage du Chéma et le passage « Vehaya im chamoa ». Ainsi, on s’acquitte de l’avis de tous les décisionnaires. Or, en règle générale, il faut craindre de perdre la mitsva des téfilines en les mettant ensemble hors de leur emplacement, et c’est généralement le cas pour la plupart des personnes : les téfilines de la tête descendent quelque peu en dehors de leur emplacement, ce qui leur fait perdre la mitsva des téfilines ; elles doivent donc les mettre l’une après l’autre. Nous constatons de manière évidente que certains qui mettent deux paires de téfilines ensemble perdent la mitsva des téfilines du bras en les mettant ensemble hors de leur emplacement. C’est également généralement le cas pour la plupart des personnes : les téfilines de la tête descendent légèrement en dehors de leur emplacement. Surtout, pour les téfilines du bras, la pose de deux paires sur le bras fait que l’une des téfilines descend et se trouve hors de son emplacement ; on perd alors la mitsva des téfilines telle qu’elle doit être accomplie. Il faut donc les mettre l’une après l’autre. Voir là-bas la note expliquant les motifs de cette loi. Les grands sages savaient viser précisément le bon emplacement, mais tous les laïcs ne savent pas le viser avec précision. Il ne faut pas objecter de la pratique de notre maître le Ari zal et de ses semblables pour justifier les laïcs qui souhaitent agir ainsi.
Attention !
En aucun cas on ne pourra apprendre d'un cas à l'autre. Chaque situation est différente. Il faudra toujours demander la question dans son contexte afin de recevoir une réponse adéquate. La Hala'ha peut changer en fonction des conditions et des circonstances. De manière générale, il est toujours préférable de contacter directement des Rabbanim et vérifier avec eux la Hala'ha spécifique à votre cas. Rencontrer un Rav, face à face, est toujours préférable à un contact virtuel ou téléphonique.
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